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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 21:19


Quels sont les risques des aliments irradiés ?


Vous connaissiez la stérilisation à froid, la pasteurisation, la congélation, la surgélation, l'appertisation... Mais vous ne saviez peut-être pas que l'irradiation est elle aussi utilisée pour la conservation des aliments !

En effet, la technique d'ionisation, terme officiel, est une technique répandue mais peu contrôlée.

La maîtrise de l'énergie nucléaire a de multiples débouchés, de la propulsion navale à la production d'électricité en passant par l'armement.

Mais depuis plusieurs années, l'industrie agro-alimentaire elle aussi se délecte des opportunités offerts par cette technologie, sans en informer vraiment les consommateurs.

 


L'énergie nucléaire au service de l'alimentation

L'ionisation des aliments, terme officiel pour désigner leur irradiation, est utilisée pour conserver et décontaminer les aliments. Techniquement, il s'agit d'exposer un aliment à un flux de rayonnements ionisants, générés par une source radioactive, du cobalt 60 et parfois du césium 137. Ce traitement permet de décontaminer les denrées, de ralentir le mûrissement, d'inhiber la germination et de conférer une meilleure conservation. Dans un contexte de mondialisation de l'industrie agro-alimentaire, cette technique est employée pour tenter de « limiter » les risques liés au transport des marchandises et donc les pertes pour les industries.


Un procédé aux conséquences mal connues

Ce procédé ne rend pas les aliments radioactifs, il s'agit d'un processus de destruction de la matière : après exposition aux rayons gamma, on obtient des électrons et des radicaux libres, des bouts de molécule en quelque sorte. Mais ces derniers sont très réactifs et cherchent naturellement à se recombiner. Soit ils se recombinent de manière à reconstituer la molécule originelle, soit de manière aléatoire, formant ainsi de nouvelles molécules, les produits néoformés.

« Le problème, c'est qu'il est très difficile de savoir quelles sont les molécules en question. Et donc, il est pratiquement impossible d'en étudier l'éventuelle toxicité » alerte Roland Desbordes, président de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad) et membre du Collectif contre l'irradiation des aliments (1).


Malgré ces inconnues, les réglementations, tant européennes que nationales, autorisent l'emploi de cette technique (2), mais en limitant les doses d'irradiation et les denrées pouvant y être soumises.

En France, l'ionisation est autorisée pour 14 types de denrées (3).


Des troubles neurologiques constatées chez les chats

Une chose est sûre, c'est que les chats australiens, eux, ne semblent vraiment pas apprécier les aliments irradiés. Au pays des kangourous, l'irradiation des aliments pour animaux a longtemps été obligatoire, jusqu'au moment où l'entreprise Champion Pettfoods Ltd a retiré du marché ses produits destinés aux chats en novembre 2008. Le motif ?

Une enquête du groupement de vétérinaires australiens avait constaté des troubles neurologiques sur des chats nourris avec des aliments irradiés à doses élevées par cette firme. Du coup, le gouvernement australien a annulé l'obligation d'irradiation.


Des risques sanitaires pour les hommes ?

En avril 2007, l'Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s'est montrée rassurante, concluant dans son rapport que « l'examen de la littérature scientifique récente n'apporte pas d'éléments nouveaux qui permettraient (…) de remettre en question les conclusions des évaluations conduites jusqu'à présent concluant à la sécurité des aliments traités par ionisation ». Néanmoins, Roland Desbordes souligne que « le processus provoque une perte de vitamines importante dans les aliments, (notamment les vitamines A, B1, C et E) » ajoutant que « certaines virus résistent bien à l'irradiation. Donc même si on arrive à éliminer les bactéries et virus « faibles », cela laisse plus de place aux organismes résistants pour se développer. »


Par ailleurs, suite à la polémique sur le bisphénol A, l'Afssa s'est également intéressée au traitement ionisant des emballages destinés au contact alimentaire. Dans cet avis, l'agence stipule qu'elle « n'a pas pu réunir d'éléments sur la nature et le niveau de migration des substances néoformées qui permettraient d'évaluer de manière rigoureuse l'effet de l'irradiation (…) sur des matériaux et objets plastiques destinés au contact alimentaire et ainsi de s'assurer de leur innocuité. » Pas très rassurant...


Des contrôles insuffisants et peu pertinents

Ce qui est encore moins rassurant, c'est de savoir que la France est l'un des pays où il y a moins de contrôles effectués sur ces produits. Selon les deux derniers rapports annuels de la Commission européenne (2006 et 2007), l'Allemagne reste le pays qui effectue le pus de contrôles (3744 en 2007).

En France, seuls 226 échantillons ont été contrôlés en 2006 et 117 en 2007 !

De plus, le taux de fraude (produits mal étiquetés ou non autorisés) constaté est plus élevé : 14,8% en 2006 et 5,13% en 2007, contre 1,6% en 2006 et 1,47 en 2007 en Allemagne...


Selon Roland Desbordes, « le problème majeur des contrôles est qu'il est difficile de savoir quoi chercher car nous n'avons pas isolé des molécules néoformées. Pourtant, l'Europe a imposé qu'il y ait des techniques de contrôle et en a validé une dizaine. Mais aucune d'entre elles n'est fiable à 100%.

En particulier, aucune technique ne permet d'estimer la dose d'irradiation et la date. C'est une aberration que d'autoriser une technique, l'irradiation, sans même savoir s'il existe un moyen de contrôler à posteriori ».


Guy Kastler, président de Nature et Progrès regrette quant à lui d'être « dans l'incapacité de garantir que les produits bio n'ont pas été irradiés. L'information n'est pas fournie et nous n'avons pas les outils nécessaires pour contrôler ».


Un étiquetage obligatoire pour mieux informer le consommateur ?

Même si les contrôles sont peu efficaces et peu nombreux, ils ont le mérite d'exister. Parce que ça n'est pas le cas partout. De nombreux produits asiatiques (crevettes par exemple) sont irradiés sur place pour leur permettre de mieux supporter le voyage et d'arriver chez nous comme s'ils étaient frais. Or les unités d'irradiation asiatique ne sont pas contrôlées, contrairement aux 22 unités se trouvant dans les 11 états membres de l'union européenne. C'est d'autant plus problématique que l'Europe importe de nombreuses denrées asiatiques. « L'irradiation peut parfois être un moyen de masquer des carences dans la chaîne du froid », souligne Roland Desbordes. Et il est évidemment impossible pour le consommateur d'en savoir plus sur la vie de son produit, dans la mesure où la mention « ionisé » n'est pas obligatoire sur l'étiquette. « Il y a une tromperie évidente pour les consommateurs », déplore-t-il. « Les fruits et légumes irradiées ont l'aspect du frais alors même qu'ils ne le sont pas. » D'où la nécessité d'instaurer un étiquetage obligatoire pour informer correctement les consommateurs.


Le collectif se mobilise contre cette technologie depuis plusieurs années, au nom du principe de précaution. Pour Guy Kastler, c'est clair,l'irradiation est un outil de la mondialisation sanitaire. Nous sommes des cobayes pour ces expérimentations ». Le Collectif lance constamment des appels auprès des institutions françaises et européennes et des entreprises pour faire avancer les connaissances sur le sujet, alerter l'opinion publique et mieux informer le consommateur, qui, une fois n'est pas coutume, se retrouve être le dindon de la farce.


  1. (1) Le Collectif français contre l'irradiation des aliments regroupe en tout 20 membres : Action consommation, Adéquations, Agir pour l'Environnement, les Amis des la Terre, Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs, Association pour l'information sur la Dénaturation des Aliments et de la Santé (AIDAS), ATTAC, Biocoop, Collectifs Bure-Stop, Confédération Paysanne, CRIIRAD, Ecoforurm, Ekwo, Fédération Nature et Progrès, Food and Water Watch Europe, Mouvement pour les Droits et le respect ds Générations Futures (MDRGF), RECit (Réseau des écoles de citoyens), Réseau « sortir du nucléaire ».

  2. (2) Historiquement, cette technique est née dans les années 60, époque où le président Eisenhower déclare vouloir mettre « l'atome au serve de l paix ». S'en suit la création de l'agence internationale de l'énergie atomique (AEIA) et de plusieurs comités mixtes (AEIA, FAO et OMS) destinés à étudier l'emploi de la technologie nucléaire au domaine alimentaire. Ces comités ont abouti à la légalisation de l'irradiation des aliments.

En 1998, un groupe de travail réunissant les mêmes protagonistes conclut que les aliments irradiés « peuvent être consommés sans danger et présentent une qualité nutritionnelle suffisante ».

Enfin, en 2003, le Codex Alimentarius a agréé l'irradiation pour tous les aliments.


(3) Liste des denrées et ingrédients alimentaires pouvant être soumis à un traitement par ionisation en France (selon directive 1999/3/CE et document 2006/C 112/05 du journal officiel de l'Union Européenne) : abats de volaille, ail, blanc d'œuf, caséine, caséinates, condiments végétaux, crevettes congelées décortiquées et etêtées, cuisses de grenouilles congelées, échalotes, épices, farine de riz, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, gomme arabique, herbes aromatiques séchées, herbes aromatiques surgelées, légumes et fruits secs, oignons, sang séché, plasma, coagulats, viande de volailles, viande de volailles séparées mécaniquement.


Sources :

  • Conférence de presse du collectif français contre l'irradiation des aliments, 26 novembre 2009

  • « Revue des données récentes relative à l'ionisation es denrées destinées à l'alimentation humaine », rapport de l'Afssa, avril 2007, téléchargeable en ligne


Aliments irradiés, par Yamina Saïdj

Les cahiers de la Bio-énergie n°42 – mars 2010

 

Lire aussi :

1 million contre les OGM

La chasse aux vitamines et minéraux

Le Codex Alimentarius est en marche

 

 

 


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Published by Julie - dans ALIMENTATION
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