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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:59

 

Les acides gras insaturés en Oméga 3 et en Oméga 6 sont essentiels et doivent par conséquent être apportés par l'alimentation.

On distingue les acides gras à chaîne moyenne en C18 (acide alpha linolénique pour les Oméga 3 et acide linoléique pour les 0méga 6) que l'on trouve dans les végétaux, les huiles végétales et les acides gras à chaîne longue en C20 et C22 (EPA et DHA pour les Oméga 3 et DGLA et acide arachidonique pour les Oméga 6).

Au niveau du foie et dans une moindre mesure au niveau de nombreux tissus, y compris le système nerveux, les acides à chaîne moyenne dont les précurseurs des acides à longue chaîne sous les effets de désaturases (delta 6, delta 5) qui créent des nouvelles doubles liaisons et sous l'effet d'élongases qui ajoutent deux carbones à la chaîne.


Les acides gras à longue chaîne sont les précurseurs des prostaglandines et des leucotriènes dont les activités sont complémentaires et parfois opposées.

Ainsi les DGLA (Oméga 6) est le précurseur de la PGE1 (série 1) dont les effets sont antalgiques, l'acide arachidonique (Oméga 6) est le précurseur de la PGE2 (série 2) pro-inflammatoire et proalgique et l'EPA (Oméga 3) est le précurseur de la PGE3 (série 3) est le précurseur de la PGE3 (série 3) faiblement inflammatoire et peu algogène.

Par ailleurs, les acides gras poly-insaturés se trouvent au niveau central des triglycérides et au niveau central des phospholipides membranaires.

Leur rôle à ce niveau est d'augmenter la souplesse des membranes.

Enfin, ce sont, en raison de leur richesse en doubles liaisons les premiers piégeurs des radicaux libres.

Après la formation de ponts époxy, ils sont régénérés par transfert d'électrons grâce à la vitamine E et l'ubiquinone (Coenzyme Q10).


Dans notre nourriture, nous avons un excès d'acide arachidonique et peu de DGLA et d'Oméga 3 à chaine longue.

Ceci se traduit par un rapport moyen entre Oméga 6, essentiellement l'acide arachidonique, et Oméga 3 voisin de 11 alors que l'on considère qu'il devrait être égal à 3.

L'étude de la composition des acides gras des membranes érythrocytaires est un bon reflet de ce rapport.


L'apport des précurseurs à chaîne moyenne est indispensable pour leur propre fonction, mais leur rôle de précurseur des chaînes longues est faible.

Ainsi l'acide alpha linolénique chez l'homme adulte est utilisé à 70% comme énergie et seulement 3% à 5% sont transformés en EPA et pratiquement 0% en DHA.

Ces acides gras trouvés dans les huiles végétales sont néanmoins indispensables à la synthèse de DGLA et de dérivés utiles par exemple, au niveau des shingolipides.

De plus, en tant que précurseur ils permettent l'expression des désaturases et des élongases. Ces enzymes ne sont pas spécifiques et il existe une compétition entre les séries Oméga 3 et Oméga 6. Un excès d'acide linoléique souvent observé dans les huiles du commerce inhibe la transformation de l'acide alpalinolénique.

Pour conclure ce premier chapitre, il est nécessaire d'apporter par la nourriture et dans un bon rapport :

d'une part, des acides gras à chaîne moyenne trouvés dans les végétaux : acide alpha linolénique et acide linoléique ;

d'autre part , des acides gras à chaîne longue trouvés dans les produits animaux : acide arachidonique (viandes, produits laitiers,...), EPA et DHA (poisson, crustacés,...).


Les acides gras du cerveau

Le système nerveux est très riche en lipides et plus particulièrement les membranes neuronales. En fonction des acides gras présents, la déformabilité des cellules est plus ou moins importante.

C'est ce que l'on appelle la plasticité neuronale.

Ainsi, un animal d'expérimentation, le rat, est incapable d'apprendre une tache comportementale si sa nourriture ne comporte que des acides gras saturés.

De même, des apports d'un seul acide polyinsaturé à chaîne longue (arachidonique ou DHA) ne permettent pas une réponse adaptée même si elle est meilleure que dans le cas des acides saturés.

La réponse adaptée aussi bien dans la qualité de l'apprentissage que dans le mémorisation est observée lorsque le rapport dans la nourriture entre acide arachidonique et DHA est compris entre 2 et 4.

Au niveau du cerveau, le rapport observé est de 3 acides arachidoniques pour 2 DHA.

Il existe donc une fixation plus importante de DHA sans doute en fonction des besoins neuronaux.

Ces valeurs moyennes ne se retrouvent pas dans toutes les structures du cerveau.

Ainsi les structures associatives les structures impliquées dans la mémorisation et plus généralement dans les fonctions cognitives ont un acide arachidonique pour un DHA.

Enfin au niveau rétinien, il y a cinq DHA pour un acdie arachidonique.


Pour les voies de conduction, substance blacnhe on trouve surtout des acides gras à chaîne moyenne toujours dans un raport 1/3 (acide linoléique/acide alpha linolénique).

Ces compositions des tissus nerveux confortent l'idée d'un apport suffisant et toujours dans un bon rapport des acides gras à chaîne moyenne et à chaîne longue.


Néanmoins, un apport insuffisant de DHA (végétariens ou végétaliens) ne se traduit pas par une modification de l'activité cognitive. Il est vrai que dans ce cas là, les apports des précurseurs sont importants et, malgré le faible rendement de la transformation en DHA, l'affinité des neurones est telle qu'il n'y a pas de modification d'activité. Le dosage au niveau des érythocytes est pourtant catastrophique.


Les apports pendant la grossesse

Durant toute la grossesse, l'embryon puis le fœtus constituent et développent son système nerveux. DHA et acide arachidonique proviennent de la mère.

L'apport des seuls précurseurs est insuffisant et il est donc conseillé à la femme enceinte de prendre des poissons de mers froides au moins trois fois par semaine ou de se complémenter avec des huiles de poisson. L'activité des désaturases et élongases est nulle chez le futur nourrisson. DHA et acide arachidonique sont prélevés sur les stock de la mère gestante avec des risques pour celle-ci de développer des pathologies comme la dépression, voire le diabète gestationnel.


Les apports pendant l'allaitement

L'activité des désaturases et des élongases ne se développe qu'à partir de six mois pour être maximale à l'âge de trois ans.

Il faut donc que le lait du nourrisson comprenne de l'acide arachidonique et de la DHA.

Dans le cas de l'allaitement maternel, il faut donc une alimentation riche en poisson ou une complémentation en huile de poisson.

Chez les végétariens, la prise des précurseurs à chaîne moyenne est insuffisante. Il faut donc les persuader de consommer des huiles de poissons et des œufs bios ou de la filière «bleu blanc cœur». Ou éventuellement trouver des algues riches en ces deux acides à chaîne longue.

Avec un lait maternisé, l'adjonction d'acide linolénique et d'acide linoléique est inutile puisque le nourrisson est incapable de désaturer. Il faut donc augmenter le taux de DHA s'il y a suffisamment d'acide arachidonique soit directement soit en ajoutant à la nourriture des vaches des tourteaux de graines de lin.


Les apports de l'enfant jusqu'à 55/60 ans

Pendant toute la vie, c'est simple, il faut prendre les précurseurs à chaîne moyenne et les dérivés à chaîne longue dans les bonnes proportions.


Les apports de seniors

L'activité de la delta 6 désaturase diminue et s'annule progressivement.

Cette diminution est d'autant plus importante et rapide que l'individu ne prend pas d'acide alpha linolénique ou d'acide linoléique. Il faut donc continuer de prendre des acides gras à chaîne moyenne, mais surtout augmenter la prise de DHA, d'EPA, de DGLA voire d'acide arachidonique en raison de la modification de l'alimentation des personnes âgées.

 

Jean-Robert RAPIN

professeur honoraire de PHARMACOLOGIE

UNIVERSITE DE BOURGOGNE
paru dans Être, journal de juin 2009 – N° 5

 


  Lire aussi

La biologie des acides gras 

Intérêts nutritionnels et micronutritionnels des acides gras polyinsaturés en neurologie 

Correction alimentaire

 

 

 

 


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Published by Julie - dans MICRO-NUTRITION
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commentaires

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Présentation

  • : Juli Duhont - Naturopathe Réflexologue, Praticienne de santé holistique depuis 2005, référencée dans le NEW YORK TIMES 21aou15
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